Mohamed Diawara, juge d’instructeur de Kérouané

  • by Seydou Worldmediaguinee
  • 9 Months ago
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 « Les lois de la République méritent d’être appliquées sans pitié et sans  distinction», dixit Mohamed Diawara

 

Dans cetteinterview qu’il a bien voulu nous accorder, le Juge d’Instruction de Kérouané, Mohamed Diawara,revient avec notre reporter sur certains sujets d’ordre judiciaire qui font l’actualité brulant du moment.

 

L’indépendant : Vous êtes un des rares juges qui appelle à l’impartialité et à l’indépendance de l’appareil judiciaire de notre pays. Beaucoup portent de réserve au fonctionnement de la justice guinéenne, ce malgré certaines réformes entreprises. Quel est votre regard?

  1. Mohamed Diawara : Le problème que nous avons à date est le manque accru d’éducation politique du citoyen si non, dans aucun Etat au monde la politique ne peut prendre lieu et place du droit. Il est fréquent de nos jours, qu’à chaque fois que quelqu’un transgresse la loi pénale chez nous, il s’affilie à un parti politique pour se tirer d’affaire du coup, les partisans du parti auquel il est affilié se mobilisent massivement pour le soutenir dans sa forfaiture et cela au vu et au su de tout le monde notamment nos dirigeants et leaders de partis politiques. Cet état de fait se fait sentir même dans d’autres milieux notamment celui syndical.

Toujours dans le même ordre d’idées, nous avons vu des gens auxquels on a reproché de détournements de deniers publics, qui sont soit à la tête de partis politiques soit à la tête de certaines institutions de la place au regard coupable de nous tous. Que voulez-vous alors si c’est nous-même qui encourageons l’injustice ? Après tout, on jette de l’anathème aux magistrats, les magistrats guinéens sont ceci, les magistrats guinéens sont cela…, j’ose croire que l’impunité en Guinée est orchestrée par la majorité des guinéens car le constat est qu’on n’apprécie la justice que lorsque la décision qu’elle a prise est favorable à notre famille biologique, idéologique ou politique et le contraire lorsqu’elle lui est défavorable. Cet état de fait conduit certains magistrats indécis à la dérive car dominés soit par l’opinion publique soit par la pression populaire ou par l’influence du pouvoir en place. Si vous remarquez bien, de nos jours, certaines personnes ignorent la gravité des injures et diffamations adressées au président de la République, aux magistrats, aux ministres j’en passe et d’autres ignorent l’incitation à la violence sur les réseaux sociaux et à travers les médias. En principe ces personnes n’ont de place qu’en prison. Chaque guinéen doit comprendre que l’incompréhension des principes démocratiques est assimilable à l’ignorance de la loi. S’il est évident que nul n’est censé ignorer la loi, il reste incontournable que les règles démocratiques sont à respecter à la lettre, sa mauvaise compréhension conduit à la dérive et ne saurait être pardonnée quel que soit le bord politique de l’infracteur ou du transgresseur de la loi pénale.

 

Selon vous, peut-on avoir le courage de frapper tout le monde avec un même bâton dans un pays comme le nôtre?

Pourquoi pas ? Ne sommes-nous pas dans une République ? Ecoutez ! J’avais dit dans l’une de mes précédentes interviews qu’il faut toujours et sans remord sanctionner les auteurs des violations des lois de la République ainsi que de leurs responsabilités civiles, administratives ou disciplinaires. Il ne faut pas du tout qu’ils échappent à toute enquête tendant à permettre leur inculpation, leur arrestation, leur jugement et s’ils sont reconnus coupables, leur

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